07 heures 10....J’ouvre un œil vitreux et sursaute aux assauts cacophoniques du Pr. MERCIER qui passe l’aspirateur dans les travées du dortoir improvisé pour ce 12 ème Meeting.
Alors que l’usage même de mes membres semble conditionné à des décisions qui ne m’appartiennent plus, marcel lui est d’humeur frivole, joyeux comme la pipistrelle et déjà prompt à la déconnade. Mon bref sommeil tarde à peine à s’estomper que lui fait le ménage en se trémoussant, tout heureux d’avoir trouvé dans cet aspirateur le moyen de nous emmerder dès le soleil levé.
Dures matinées que celles qui illuminent les lendemains de Meeting. J’avais connu des «
repos » assez lamentables mais là, c’était le gratin en matière de récupération nocturne.
Entre les bruits continuels de succions humides émanant du canapé convertible où Marcel et Phoune avaient choisi de nicher
(j’avais l’impression qu’ils dormaient dans la vase avec des bottes en caoutchouc !)...
Entre les provocations sonores qui émanaient de la carcasse caverneuse de Jean 37 au premier étage opposées aux ronronnements intempestifs du lave vaisselle de notre hôte
(la fatigue reste la seule raison qui fait que le kiki n’a pas retrouvé son électroménager éparpillé à coups de masse et incendié à renfort de fusées)...
Entre l’haleine putride de mon voisin de couchette (RFO)dont l’estomac avait décidé de m’inviter au grand salon du pinard en me ventilant toutes les cinq secondes des diverses mixtures possibles dans le brassage «
gastrique / piquette de chez Rambstein » tout en minant le sol de notre litière de tessons de bouteille et de canettes vides propices à moultes coupures et entorses.
Inquiété (
si, si, quand même) de savoir mes pieds (
et mon duvet, et le matelas...) à quelques centimètres d’un feu de cheminée (
entretenu à renfort d’une turbine très silencieuse au milieu d’une fanfare municipale......sauf que la fanfare était absente !). Oui, oui, inquiété dis-je de savoir qu’en cas de combustion de notre couchette, j’étais tout de même alité aux cotés d’une barrique d’alcool humaine qui m’aurait assuré pour la postérité une belle place au firmament en cas d’explosion :
- «
c’est quoi ça papa la grosse étoile ??? "
- «
ça mon Lucas, c’est l’étoile du berger...et les petites étoiles à coté, c’est un copain ! ».
Enfin, à quelques pas...........à portée de mains.......
TROP PROCHE en tout cas du Jacky qui avait pris sa localisation de nuit à terre, prêt à ramper en toutes directions...
«
Jacky ! Tu dors ? »...Elle vous a bien fait marrer cette phrase que je répétais toutes les cinq minutes ! Vous n’y avez vu qu’une petite blagounette du Dédé n’est ce pas ???
Et ben NON !
J’étais mortifié d’inquiétude et relançait cette question afin de m’assurer que les distances étaient respectées et j’avais calculé que cinq minutes, de nuit et dans cette configuration, c’était le temps nécessaire à un quelconque déséquilibré à verge dure pour venir à bout de mes diverses épaisseurs vestimentaires !
Bref...
Pourriture de nuit dont je me demande encore comment le Did a fait pour dormir. Mais je ne suis pas assez naïf pour croire que le KRF a réellement dormi avec l’homme orchestre du premier étage (
c’est pas ça des ronflements, ça c’est limite l’orgasme chez un grizzly ayant chopé la grippe !). Non, le coup de la robe de chambre éponge gay-pride taille 12 ans de chez la « Chèvre Blanche », qui habillait le KRF au matin, moi je n’y crois pas. Ce petit malin a certainement dormi au foyer logement du patelin le plus proche...ça expliquerait la robe de chambre modèle Napoléonien qu’il a du piquer à une mamie paraplégique après l’avoir défenestrée ou assommée à coups de pierre (
j’aurai bien dis « après l’avoir brûlée à mort mais vu le temps qu’il lui fallût ce soir-là pour faire cramer vingt centimètres de mèches, l’ancienne serait plutôt morte de vieillesse, voir de fossilisation et lui ne serait réapparu qu’au 25 ème meeting de février 2059 »).
Bon, l’essentiel, c’est que ce meeting fût pour tous un moment de retrouvailles sincères et entières. J’en ferai peut-être un jour le résumé (
ça c’est déjà fait à une époque les résumés de meeting).
J’espère que mes impressions vous auront tout de même servi à de futures améliorations des conditions de couchage, je ne demande pas la lune mais quatre heures de repos, ça serait déjà pas mal.
* «
Je donnais aux cafards des noms de scientifiques...L’un d’entre eux grimpait toujours les autres...Le plus grand tournait, tournait, et retournait encore en s’éloignant......et finalement rejoignait les autres blattes qui l’accueillaient sans reproches, avec toujours plus de joie. » -
Mémoire d’entre quatre murs – Prison de Pé-léon, anonyme (cellule 1432).
Merci pour tout ses clichés qui nous rappelle de bons souvenirs